De nombreuses universités, écoles doctorales et sociétés savantes africaines publient une revue scientifique. Beaucoup restent pourtant introuvables pour les chercheurs du reste du monde. La différence tient rarement à la qualité des travaux publiés : elle tient au processus éditorial et aux signaux de sérieux que les index et les moteurs de recherche attendent.
Un enjeu de visibilité avant tout
Une étude parue en 2025 dans Gates Open Research (version 1, encore en attente d’évaluation par les pairs) a analysé 1 116 revues africaines référencées sur Sabinet et AJOL. La plus grande part, 63,2 %, n’était ni repérée par Google Scholar ni indexée dans Scopus. Le facteur prédictif le plus net était presque administratif : l’inscription au portail ISSN, qui multipliait environ par deux la probabilité relative d’être repérée par Google Scholar et par plus de cinq celle d’être indexée dans Scopus.
Des relais africains existent. African Journals OnLine (AJOL) recense, au moment où nous écrivons (octobre 2026), 977 revues de 40 pays, dont 458 en libre accès. La plateforme évalue ses revues partenaires à l’aide d’un dispositif dédié, le JPPS (Journal Publishing Practices and Standards), fondé sur les bonnes pratiques éditoriales. Le Directory of Open Access Journals (DOAJ), gratuit pour les éditeurs, est l’autre référence pour les revues en libre accès.
Ce que les index attendent : l’exemple du DOAJ
Les critères d’admission du DOAJ forment une bonne grille de professionnalisation, même si vous ne candidatez pas tout de suite :
- Une activité régulière : au moins cinq articles de recherche par an ; une revue nouvelle doit justifier d’un an d’existence ou d’au moins dix articles publiés avant de candidater.
- Une vraie évaluation par les pairs : chaque article est relu par au moins deux évaluateurs indépendants (des règles spécifiques existent pour les arts et sciences humaines).
- Un comité éditorial public : noms et affiliations affichés ; le DOAJ recommande au moins cinq membres qualifiés, pas tous issus du même établissement.
- Des droits clairs : une licence ouverte, Creative Commons de préférence, et une politique de droits d’auteur explicite.
- Un ISSN enregistré et affiché sur le site, avec un titre identique à celui du registre.
- De la transparence : politique de libre accès, objectifs et périmètre, consignes aux auteurs et frais éventuels publiés en ligne.
L’intégrité : une exigence, pas une option
Le Committee on Publication Ethics (COPE) a publié en juillet 2026 la version actuelle de son code de conduite. Il demande notamment de protéger l’intégrité du corpus scientifique, de former régulièrement les équipes et les relecteurs, de gérer les conflits d’intérêts des auteurs, des relecteurs et des éditeurs, d’enquêter sur les soupçons de manquement avant comme après publication, de corriger les erreurs de façon transparente et de proposer un canal de plainte clair. Adhérer au COPE ou simplement appliquer ses recommandations rassure auteurs, relecteurs et bases d’indexation.
Le contexte international pousse dans le même sens. La Recommandation de l’UNESCO sur la science ouverte, adoptée en 2021 par 193 pays, encourage les investissements dans les infrastructures et les compétences qui rendent la recherche accessible à tous. Une revue en libre accès, bien gérée, contribue directement à cet objectif.
Les délais : le point faible le plus visible
Pour un chercheur, surtout en début de carrière, le délai entre la soumission et la décision pèse lourd dans le choix d’une revue. Les retards viennent rarement d’une mauvaise volonté : invitations envoyées par courriel puis oubliées, versions d’articles éparpillées, relances manuelles, absence de vue d’ensemble pour le rédacteur en chef. Un circuit éditorial outillé, avec des étapes claires et des rappels automatiques, réduit ces pertes de temps. Publier vos délais moyens sur le site de la revue est aussi un signe de transparence apprécié des auteurs.
Checklist pour professionnaliser votre revue
- Obtenir un ISSN et l’afficher sur chaque page de la revue.
- Publier le comité éditorial avec noms, affiliations et rôles.
- Rédiger une politique d’évaluation : nombre de relecteurs, anonymat simple ou double, grille d’évaluation.
- Choisir une licence ouverte et l’indiquer sur chaque article.
- Adopter une politique d’éthique inspirée du COPE : conflits d’intérêts, plagiat, corrections, rétractations.
- Formaliser le circuit éditorial : réception, relecture, révision, décision.
- Suivre les délais à chaque étape et relancer les relecteurs en retard.
- Publier les numéros à date régulière, puis candidater à AJOL et au DOAJ.
Comment SciAut Revue vous aide
SciAut Revue est l’application de relecture et de publication de la Suite SciAut, conçue pour les éditeurs, les relecteurs et les auteurs. Elle outille le processus éditorial décrit ci-dessus :
- Soumission : dépôt des articles, des co-auteurs, des fichiers et des métadonnées.
- Circuit éditorial : réception, relecture, révision et décision, avec des étapes configurables.
- Relecture par les pairs : invitations, grilles d’évaluation, anonymat simple ou double.
- Décisions et révisions : acceptation, révision ou refus, avec conservation des versions successives.
- Numéros en ligne : numéros et articles publiés sur la page de la revue.
- Notifications : courriels à chaque étape et rappels aux relecteurs en retard.
Le logiciel ne remplace pas les démarches d’ISSN ou d’indexation, mais il rend votre processus traçable et régulier, ce que ces démarches exigent.
En résumé
Professionnaliser une revue scientifique en Afrique, c’est surtout rendre visibles des pratiques rigoureuses : évaluation par les pairs documentée, éthique affichée, délais maîtrisés et publication régulière. Découvrez SciAut Revue ou demandez une démonstration.
Sources
- Discoverability of African Journals by Google Scholar and Inclusion in Scopus, P. Amboka et al., Gates Open Research, 2025.
- African Journals OnLine : catalogue des revues, AJOL, consulté en 2026.
- Guide to applying, DOAJ, consulté en 2026.
- Code of Conduct, COPE, 2026.
- UNESCO Recommendation on Open Science, UNESCO, 2021.