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Publier en anglais quand on est chercheur francophone : le guide

octobre 5, 2026·5 min de lectureSciAut SID

Vos données sont solides, votre question de recherche est pertinente, et pourtant le manuscrit revient avec la mention « l’anglais doit être revu par un locuteur natif ». Pour un chercheur francophone, publier dans une revue internationale demande un double effort : produire une science rigoureuse et la faire valoir dans une langue qui n’est pas la sienne. Bonne nouvelle : les obstacles sont connus, et ils se préparent.

La barrière de la langue, mesurée

Une étude publiée en 2023 dans PLOS Biology par Tatsuya Amano et ses collègues a chiffré ce que vivent les chercheurs non anglophones, à partir d’une enquête auprès de 908 chercheurs en sciences de l’environnement de huit nationalités. Chez les chercheurs en début de carrière, par exemple :

  • ceux dont l’anglais est de niveau moyen mettent environ 50 % de temps en plus à rédiger un article que les locuteurs natifs ;
  • leurs articles sont rejetés pour des raisons de langue environ 2,5 fois plus souvent (38 % ont connu ce rejet, contre 14 % des natifs) ;
  • environ 43 % se voient demander fréquemment d’améliorer leur anglais lors des révisions, contre 3 % des natifs, soit un écart d’environ 12,5 fois.

Autrement dit, la langue pèse sur la carrière indépendamment de la qualité scientifique. Les auteurs appellent d’ailleurs revues, institutions et financeurs à agir, notamment en offrant un soutien linguistique plutôt que de laisser chaque chercheur se débrouiller seul.

La rigueur statistique, premier critère des relecteurs

Un anglais impeccable ne sauve pas une analyse fragile. Les relecteurs vérifient d’abord que la méthode répond à la question posée et que les résultats sont correctement interprétés. En 2016, l’American Statistical Association a publié une déclaration de principes qui reste la référence sur les valeurs p : une valeur p ne mesure ni la probabilité que l’hypothèse soit vraie, ni la taille d’un effet, et une conclusion ne doit pas reposer sur le seul franchissement d’un seuil.

Concrètement, un manuscrit solide présente :

  • un plan d’analyse justifié par la question de recherche et la nature des données ;
  • la vérification des conditions d’application des tests utilisés ;
  • des tailles d’effet et des intervalles de confiance, pas seulement des valeurs p ;
  • une description transparente des données manquantes et des choix effectués.

Pour la recherche en santé, le réseau EQUATOR recense plusieurs centaines de lignes directrices de rédaction (CONSORT pour les essais, STROBE pour les études observationnelles, PRISMA pour les revues systématiques…). Les suivre dès la rédaction évite de nombreux allers-retours.

Choisir la bonne revue et éviter les revues prédatrices

Les revues et conférences prédatrices sollicitent activement les chercheurs, souvent par e-mail, en promettant une publication rapide contre paiement, sans véritable évaluation par les pairs. En 2022, l’InterAcademy Partnership, réseau mondial de plus de 140 académies des sciences, leur a consacré un rapport complet et appelle chercheurs, institutions et financeurs à mieux s’en protéger.

L’initiative Think. Check. Submit., portée notamment par le COPE, le DOAJ et l’OASPA, propose une liste de vérification simple. Avant de soumettre, assurez-vous que :

  1. vous ou vos collègues connaissez la revue et son nom n’imite pas celui d’une autre ;
  2. l’éditeur est clairement identifié, avec des coordonnées vérifiables ;
  3. le processus d’évaluation par les pairs est décrit ;
  4. la revue est indexée dans des bases reconnues et ses articles sont archivés durablement ;
  5. les frais de publication sont affichés clairement, ainsi que les éventuelles exonérations ;
  6. la revue est membre d’organisations reconnues (COPE, DOAJ, OASPA…).

Ne soumettez que si vous pouvez répondre « oui » à la plupart de ces questions.

Votre checklist avant soumission

  • Le titre et le résumé exposent-ils clairement la question, la méthode et le résultat principal ?
  • Les analyses statistiques ont-elles été vérifiées par une seconde personne compétente ?
  • Le texte a-t-il été relu pour la langue et pour le fond par un spécialiste du domaine ?
  • Le manuscrit respecte-t-il les instructions aux auteurs de la revue visée (longueur, format des références, figures) ?
  • La revue a-t-elle passé le test Think. Check. Submit. ?
  • La lettre au rédacteur explique-t-elle en quelques lignes l’intérêt de l’article pour les lecteurs de la revue ?

Comment SciAut SID vous aide

SciAut SID n’est pas un logiciel : c’est un service d’assistance scientifique pour chercheurs, doctorants et étudiants, sur devis selon votre projet. Il intervient précisément sur les étapes décrites plus haut :

  • Analyse de données : des analyses statistiques adaptées à votre question de recherche, avec des résultats fiables et interprétés.
  • Relecture et correction : clarté, structure, cohérence, grammaire et mise en forme revues par des spécialistes de votre domaine.
  • Traduction scientifique du français vers l’anglais, dans le respect de la terminologie et des nuances de votre travail.
  • Appui à la publication : de la préparation du manuscrit à la soumission aux revues internationales.
  • Synthèses d’articles : résultats, interprétation et conclusions d’un article, avec une critique objective.
  • Veille scientifique : chaque mois, conférences, ateliers, bourses et aides à la mobilité, avec l’abonnement aux synthèses.

Conclusion

Publier en anglais quand on est francophone n’est pas une question de talent, mais de préparation : une analyse rigoureuse, un texte clair et une revue bien choisie. Vous n’avez pas à tout porter seul. Découvrez SciAut SID et demandez un devis pour votre projet.

Sources

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